Une histoire d'hommes et de terroir

L’histoire d’une région…

Marquée par le souvenir du poète Ausone, la région de Saint-Emilion-Pomerol-Fronsac est un des grands berceaux gallo-romains de la vigne en Bordelais (56 avant Jésus Christ). La terminaison du nom même de Fronsac désigne sans nul doute un ancien domaine gallo-romain, faisant la preuve de la grande ancienneté de l’habitat en terre fronsadaise. A partir du VIIIe siècle, la région, placée sur l’un des axes majeurs de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle voit s’épanouir une vie religieuse intense, donnant naissance notamment à la cité de Saint-Emilion et à des établissements hospitaliers qui cultivent la vigne,

Une histoire d'hommes et de terroir

L’histoire d’une région…

Marquée par le souvenir du poète Ausone, la région de Saint-Emilion-Pomerol-Fronsac est un des grands berceaux gallo-romains de la vigne en Bordelais (56 avant Jésus Christ). La terminaison du nom même de Fronsac désigne sans nul doute un ancien domaine gallo-romain, faisant la preuve de la grande ancienneté de l’habitat en terre fronsadaise. A partir du VIIIe siècle, la région, placée sur l’un des axes majeurs de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle voit s’épanouir une vie religieuse intense, donnant naissance notamment à la cité de Saint-Emilion et à des établissements hospitaliers qui cultivent la vigne, comme il en existe encore aujourd’hui la trace à Fronsac (Lariveau). Au XIème et XIIe siècle, le vignoble, sous domination anglaise par le mariage d’Aliénor, héritière de l’Aquitaine, avec Henri Plantagenêt, roi d’Angleterre, prend un essor considérable. La création du port de Libourne en 1269 ouvrira largement la route aux expéditions lointaines des vins de la région, le port de Fronsac s'ajoutant à ce trafic. La Guerre de Cent ans -qui se termine en 1453- suivie des guerres de religion jusqu’en 1569, ont des conséquences catastrophiques sur le vignoble. Au XVIe siècle la région est pacifiée et la ville de Libourne devient un foyer de négoce et d’exportation de première importance, donnant une forte identité et indépendance à toute cette région. Au début du XVIIIe siècle, la poussée de la demande hollandaise et anglaise de vins de qualité entraîne une formidable expansion du vignoble. Ainsi, naît à la fin du XVIIIe siècle une première génération de véritables “Châteaux” ou “crus” au sens où nous l’entendons aujourd’hui… Fronsac connaîtra alors une renommée d’exception. Les traces historiques des transactions de l’époque en sont la preuve, avec des vins qui se vendaient parmi les plus chers de toute la région de Saint-Emilion-Pomerol-Fronsac. A la fin du XIXe face à la crise du phylloxéra, maladie qui toucha tout le vignoble français, ce fut pour la région de Bordeaux l’amorce d’une crise importante. La région de Fronsac ne s’en sortit que difficilement, et y perdit une partie de l’importante notoriété qu’elle avait acquis aux siècles précédents. Au XXe siècle la région de Saint-Emilion-Pomerol-Fronsac, à l’instar de l’ensemble du Bordelais, a rassemblé ses forces, s’est structurée grâce aux syndicats viticoles qui se sont employés chacun à faire vivre leur appellation, tant d’un point de vue technique que promotionnel.

L'histoire de Fronsac

A la croisée des routes fluviales et terrestres, le Tertre de Fronsac a occupé de tous temps une position stratégique : les Gaulois y tenaient un important marché, les Romains y bâtirent un autel, puis, aux environs de l’an 770, Charlemagne y édifia une puissante forteresse, campant à Fronsac le temps de la construction de ce «castrum». C’est ainsi que Fronsac peut aujourd’hui s’enorgueillir du fait que «Fronciacus» fut écrit en toutes lettres par le chroniqueur de Charlemagne, Eginhard. Plus tard, pendant les trois siècles d’occupation anglaise, les vins de Fronsac furent largement exportés vers l’Angleterre. Jusqu’au règne de Louis XIII, un énorme château coiffait le tertre de Fronsac, en occupant tout le sommet. En 1663, le Duc de Richelieu décida d’acquérir pour sa famille les terres du Duché de Fronsac. Et ce sera sur les ruines de l’ancienne forteresse que son petit-neveu, le Maréchal Arnaud du Plessis, Duc de Richelieu, fit édifier une «folie», théâtre des fêtes galantes dont l’écho se propagea jusqu’à la cour de Louis XIV. Dès lors, la notoriété des vins de Fronsac ne cessera de s’étendre. Au XVIIIe siècle, la révolution qualitative des vins du Libournais prend ses racines ici et l’essor du commerce maritime mondial contribuera largement à établir le vignoble de Fronsac parmi les plus nobles du vignoble de Bordeaux. Au XVIIIe siècle, les vins de Fronsac et Canon Fronsac jouissent de la plus forte réputation parmi les vins de Saint-Emilion-Pomerol-Fronsac, s'honorant alors des prix les plus élevés. De même, en 1750, ce sont trois notables de Fronsac et Canon Fronsac, Messieurs Lafon, Boyer et Mathieu, qui sont les premiers à initier une révolution viticole, transformant le vignoble auparavant constitué de "métairies" en "crus" de petite taille (ancêtre des châteaux d'aujourd'hui").

Aujourd'hui...

L'histoire plus récente est marquée par la volonté des vignerons de Fronsac de faire reconnaître le caractère exceptionnel de leur terroir et la qualité de leur travail. Aujourd'hui, ils sont déterminés à faire revivre ce passé prestigieux en unissant les efforts des deux appellations, Fronsac et Canon Fronsac, notamment les efforts qualitatifs apportés tant au suivi du vignoble que des vinifications. Les viticulteurs de Fronsac sont en effet conscients que c'est ainsi que les terroirs exceptionnels dont la nature a doté Fronsac, se verront reconnus par le marché national et international.